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La direction socialiste a examiné, hier, les circonscriptions réservées aux candidats issus de l’immigration.
AU PS, on ne parle plus de « minorités visibles » mais de « diversité et renouvellement ». Après avoir réservé la moitié des circonscriptions à des femmes aux prochaines élections législatives, le bureau national du PS a examiné hier le cas des candidats issus de l’immigration. « Il s’agit pour nous de mettre nos actes en accord avec nos engagements. Nous voulons montrer que nous sommes sincères dans le combat contre les discriminations, que ce n’est pas une posture », a déclaré le premier secrétaire, François Hollande.
Critiques fabiusiennes
Au terme des dernières réunions de la commission électorale, hier toute la journée, le PS a décidé de « geler » 42 circonscriptions dans 36 départements (hors Bretagne, qui n’a pas été examinée) : dans celles-ci, il n’y aura pas, pour l’instant, de vote des militants pour désigner le candidat aux élections législatives, comme le prévoient les statuts du PS. Il reviendra à la direction du parti de choisir le candidat, au nom du volontarisme. Une vingtaine de ces circonscriptions étaient détenues par la gauche entre 1997 et 2002.
Les prétendants, des personnalités éventuellement « parachutées », ne sont pas encore officiellement connus. Les partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn ont demandé hier soir, en bureau national, que les adhérents soient néanmoins consultés in fine. La liste complète des candidats socialistes aux législatives sera dévoilée le 1er juillet.
Sur ces 42 circonscriptions, rien n’indique combien seront finalement accordées à des candidats issus de l’immigration. Six ou sept seront en effet laissées aux partenaires du PS : les Verts et les radicaux. Huit d’entre elles sont gelées parce qu’aucun candidat, quel qu’il soit, ne s’était encore déclaré localement. Dans neuf circonscriptions, qui étaient réservées pour la parité, aucune femme ne s’est présentée.
Les fabiusiens ont aussi accusé la direction de geler huit circonscriptions pour « convenance personnelle ». Ils pensent notamment à la 21e de Paris, où le député sortant, Michel Charzat, comptait laisser sa place à Sophia Chikirou, une jeune femme issue de l’immigration... Durant le bureau national, Laurence Rossignol a mis en garde contre des « réservations punitives ». Le député de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, s’est inquiété de manoeuvres visant à « desservir tel ou tel candidat ».
Au sein de la direction, on reconnaît dans ces propos la propension des fabiusiens à se présenter en victimes. Mais le secrétaire national aux élections, Bruno Le Roux, préfère mettre en avant des situations locales, qui justifieraient, par souci d’apaisement, de suspendre les discussions d’investiture.
Des contacts engagés avec Basile Boli
Les candidats potentiels issus de la « diversité » sont déjà sur la ligne de départ. Des contacts ont été engagés avec le footballeur Basile Boli pour qu’il soit candidat à Auxerre. Il est question que l’ancien président de SOS-Racisme, Malek Boutih, puisse être candidat en Charente. La secrétaire nationale adjointe aux sports, Safia Otokoré, pourrait se présenter dans les Yvelines. Elle est pourtant militante à Auxerre. Pour Fayçal Douhane, membre du conseil national et proche de Fabius, le critère pour sélectionner les candidats issus de l’immigration doit rester « l’expérience de terrain ».
Mais la diversité ne se limite pas aux candidats imposés dans des circonscriptions réservées. Ainsi le député du Nord, Jean Le Garrec, a annoncé hier qu’il souhaitait être en 2007 le suppléant de Marie Simati, une jeune femme de 38 ans d’origine comorienne. « Je me suis toujours beaucoup occupé d’immigration. François Mitterrand m’avait chargé, en 1978, de contribuer à cette partie de son projet, rappelle l’ancien ministre Je crois que le problème de la représentation de la diversité est une clé fondamentale en politique. »
A l’UMP, les bonnes intentions se heurtent au manque de places
Judith Waintraub
Le Figaro 24 mai 2006, (Rubrique France)
En matière électorale, le parti majoritaire a du mal à pratiquer la discrimination positive chère à son président.
http://www.lefigaro.fr/
NICOLAS SARKOZY a beau vouloir que les « minorités visibles » le soient davantage au sein du parti, quand vient le moment de distribuer les investitures, la prime aux sortants reste la règle. Et des sortants, l’UMP en aura beaucoup en 2007.
« Sur 365 députés, une dizaine seulement ont annoncé qu’ils ne se représenteraient pas, explique Alain Marleix, secrétaire national aux élections. A peu près autant ne seront pas réinvestis parce qu’ils ont fait du mauvais boulot, mais je ne me vois pas « kärcheriser » un député qui n’a pas démérité pour mettre une femme ou un candidat issu de l’immigration à sa place ! »
Les représentants des minorités ont donc peu de chances d’atterrir dans une circonscription bétonnée, d’autant que certains ministres ont envie eux aussi de se lancer dans l’aventure électorale.
En décembre dernier, à la fin d’un séminaire gouvernemental tendu, Nicolas Sarkozy avait menacé ses collègues de réserver les « successions » les plus faciles « aux femmes et aux gens issus de l’immigration ».
Mais les malheurs de Dominique de Villepin l’ont rendu indulgent. Deux exemples : une « bonne circonscription » devrait être offerte à Paris au chiraquien Jean-François Lamour et dans le Rhône au villepiniste Azouz Begag.
Encore que dans ce dernier cas, le président de l’UMP respecte son engagement, puisque le ministre délégué à la Promotion des chances est d’origine algérienne. Mais il est surtout ministre. Son combat électoral s’annonce infiniment plus facile que celui de Jeannette Bougrag, secrétaire nationale de l’UMP d’origine marocaine. Les stratèges du parti ont prévu de l’envoyer affronter Christophe Caresche, l’un des principaux adjoints de Bertrand Delanoë, dans le XVIIIe. La Berbère Linda Asmani, elle, devrait être investie dans le Xe face à Tony Dreyfus, un autre poids-lourd socialiste.
Alain Marleix avait aussi prévu d’expédier Ramatoulaye Yade dans l’Essonne face à Manuel Valls, mais cette jeune Parisienne d’origine sénégalaise a refusé tout net avec un argument imparable : « Je n’ai pas le permis de conduire ! » La « diversité » voulue par Nicolas Sarkozy, elle est pour, mais pas dans un duel qu’elle sait perdu d’avance.
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